Le besoin des mots







Les éclaircies sont là. La recette est d'être toujours avec quelqu'un. Quelqu'un qu'on aime de préférence. Et qui nous aime. En retour. La petite soeur était là. Avec elle, pleins de joies de Paris. Cupcakes. Juste à coté de chez moi. Dans des assiettes roses à pois blancs. Le top. Voir Fabien Ruiz, claquettiste de The Artist. L'écouter raconter Fred Astaire, merveilleux danseur parce que passionné de batterie. Se demander si le frère batteur ferait des claquettes. Avec ses airs de dandy, oui. Se marrer entre soeurs en y pensant. Assister à la première du cycle "Paris vu par Hollywood" au forum des images. Faire des photos dans un "comme un vieux" photomaton. Rire encore parce qu'on a rien compris. Et rire de nos têtes. Faire une nuit sans cauchemar. Finir un article pour l'EJE journal. Enfin. Aller manger chez Chartier. Repenser quand on y était, les 5 avec Maman, il y a 6 ans. Maman tellement fière de nous emmener dans cet endroit. Avoir un pincement au coeur. Mais profiter quand même et penser à Maman. Trâiner les passages. Passage Verdeau. Passage des Panoramas. Fureter dans les vieilles cartes du Jura, du Doubs, s'étonner des trouvailles. Faire découvrir les douceurs de Paris et la consommation qui va avec. Aller boire une bière à Bercy village avec des amis du Jura venus pour l'expo de Burton. Ils ont aimé. Passer la soirée chez une fleur dans le cinéma, qui enfin, verra son film passer à Cannes. L'amoureux nous a rejointes. Etre abruties, les deux, par le même mal de tête, violent. Faire une deuxième nuit sans cauchemar. Commencer la journée en se faisant chouchouter les mains. Se faire mettre de la couleur sur les ongles. Et filer. Enfin l'expo de Burton. La petite soeur fait son mémoire sur ses personnages. Se sentir portée par l'univers. La multitude de dessins. Surtout. Et quelque chose de torturé. Comme moi. Comme nous. Décider que les journées d'avant ont été bien fatiguantes. Alors rentrer se reposer. S'endormir devant les bêtises de la télé. Un tout petit peu. Faire sa recette de gnocchis à l'italienne. Faire une compote banane-pommes au goût de thé. Mettre une bougie. Faire une belle table. Pour nous trois. Regarder les Promesses de l'ombre, les trois, sérrés en rang d'oignons dans la toute petite chambre. Aimer encore Vincent Cassel. Et être épatée devant Viggo Mortensen. Faire une troisième nuit sans cauchemar. Traîner un peu le matin. Surveiller le ciel. Et pas de pluie. Alors partir vers Montmartre. Rôder dans les rues. Tomber sur des boutiques fabuleuses. S'offrir sa première tasse Orla Kiely. Et même un petit plateau. Des poires, pas de pommes. La petite soeur, elle s'est offert ses premiers masking tape. Parler dans les hauteurs de Montmartre. Se confier nos peurs en regardant les petits moineaux. Et encore penser. En soupirant de l'intérieur. Au moins. Redescendre vers Saint Georges. Hésiter. Passer par Causses. Se faire offrir des gaufrettes à messages de la petite soeur. Et aller au cinéma. Rigoler. Ne plus trop penser. Rire. Dire ça fait du bien. Remonter dans la petite chambrette. Faire une pause. Voir l'heure passer. Raccompagner la petite soeur au train. Attendre jusqu'au bout sur le quai. Le vent se lève. Faire l'idiote sur le quai. La pluie arrive. Le train est parti. Errer. Errer. Avant de rentrer. Trouver le temps vide. Faire une nuit... avec plein de cauchemars. Mais. Ecrire les mots. Ou les parler. Et sentir que c'est comme ça que ça ira. Reprendre les mots de cette demoiselle pleine de ce que j'aime : "Words are very necessary"
Courts instants








Et alors oui la vie continue. Le temps se radoucit. Il faut en profiter. Profiter en général. Des gens qui nous aiment. Des gens qui écrivent. De prêt ou de loin. Ceux qui tendent une main. Parfois deux. Et même les bras. Et prendre tout cet amour qui vient par tonne... Même si à l'intérieur, je brûle de son absence. Même si parfois je voudrais m'arrêter sur le bord de la route. Un moment au moins. Pour pleurer. Et pleurer. Encore. On ne peut pas s'arrêter de vivre. Et puis il y a cette faculté au bonheur qui me garde. Même si c'est aujourd'hui un bonheur biaisé, déformé. J'y crois. Je veux. Alors je prends ces mains qu'on me tend. Je rends les sourires. Et parfois même j'arrive à ne plus y penser. L'instant est court. Bref. Car tout revient vite. Son absence percute. Mais certains instants arrivent même à être moins percutants. Regarder les deux frères faire les doux dingues. Ils sont beaux. Attendre l'arrivée de la petite soeur. Demain. A Paris. Espérer remplir le temps avec plein de petits plaisirs. On y arrivera ? On verra.
"Mais ceux qu'on aime... ils partent."

Tristan avait pris cette photo fin août 2011. Souvent, je ne comprenais pas le but de ses photos...
Tout à partir de maintenant est assourdissant. Car il ne sera jamais plus. On pourra crier. Répondre au téléphone qui sonne sans arrêt. Sourire. Et mentir, un peu. Rire beaucoup. On pourra se tenir la main, avec ceux qui restent. Ou bien ne plus arriver à se regarder en face. Car il y a trop de souffrance dans les yeux de certains. Le souffle est court. Le coeur tape toujours plus fort. Vivre fait peur. Vivre paraît surréaliste. Alors qu'il n'est plus là. Deux semaines et quelques jours qu'il n'est plus là. Et toute notre vie paraîtra désormais lente et longue. Parce qu'il n'est plus là. Il est dans nos coeurs ? Il est dans nos souvenirs ? Oui ? Il aurait dû être dans sa vie. Dans nos vies. Et nous aimer encore. Grandir encore.
Le temps est à l'image de ce qu'il se passe dans nos vie. Le vent furieux. Qui mugit. La pluie. Tantôt forte. Tantôt silencieuse. Et puis un puissant rayon de soleil. Qui repart.
On ne pense pas qu'un jour... On se dit pas qu'un jour, le téléphone pourrait sonner. On ne s'imagine pas entendre ces 3 mots. Deux mots. Et un prénom si cher. Et quand ça arrive, on ne pense plus. On est arraché à la réalité. On a beau être né un par un. Numéro 1. Numéro 2. Numéro 3. Numéro 4. Numéro 5. Il n'y pas plus de numéro 4. Et avec lui le déséquilibre est arrivé. Il n'y avait pas de raisons, qu'un jour, nous ne soyons plus que 4. Nous avons grandit ensemble. Nous devions devenir adulte ensemble. Mais ça, plus jamais.
Et puis. Il faut continuer à vivre. Malgré. L'horreur de l'injustice pourrait nous arrêter sur place. Mais non. On ne peut pas. Il faut continuer à aimer ce qu'on aimait avant. Même si ça n'a plus le même goût. Il faut continuer à aimer ceux qui restent. Même si on voudrait l'aimer lui. Et lui dire mille fois. Comme si ça aurait pû l'empêcher de partir. Si vite. Il faut continuer à grandir. Et s'accomplir. Même si on aurait préféré qu'il soit là pour nous dire combien il aurait été fier.
Et la peur de l'avenir. La peur d'un bonheur. Du bonheur. Sera-t-il à jamais amer ?
Slowly, slowly....




Et j'ai dans la tête cette chanson pour enfants, doucement, doucement s'en va le jour... ce serait plutôt doucement, doucement, revient le jour. Journées qui ralongent, alors. Mais allons-y doucement. Pas de brusqueries. Passer du temps à écouter des musiques presques murmurées. Voir le temps s'écouler. Ne pas s'énerver et s'émouvoir, plutôt. Aimer les mots, aimer les phrases, aimer la facilité, se laisser couler. Se la couler douce. Doucement. Remettre un pied dans le grand bassin. Freiner les projections trop hâtives. On verra. Mais sentir, la nuit, quand viennent les trop ténébres, sentir que le coeur bat toujours trop vite et trop fort. Sentir que c'est "trop", tellement que ça réveille en plein sommeil. Et puis se coller au mur froid pour ralentir...
Go back to real life





Du moins, je vais essayer. Après des mois plutôt intenses, beaucoup de travail intellectuel et aussi, de travail dans sa tête, sur soi, sur les autres.
Le mémoire a enfin avancé. Des dossiers ont été imprimés, rendus, relus, détestés. La licence est presque passée. Il ne reste plus qu'un stage, peut-être le plus éprouvant professionnellement, dans un milieu assez inconnu, le polyhandicap.
Des douleurs de coeur, de dos, très fort, le tout avec un asthme qui gagne en profondeur. Mais j'ai décidé de faire comme si il n'était pas là, arrêter de prendre des médicaments qui me dérange, sauf si le besoin est trop fort. Et puis, faut pas se leurrer, il va falloir reprendre le chemin d'une vie plus active physiquement... et il y a de fortes chances que cet asthme disparaisse alors.
Des voyages Paris-Jura, un aller retour par semaine pendant un mois et demi. Et la fatigue de ne se sentir chez soi nulle part. La fatigue de toujours tout transporter d'un endroit à l'autre. La fatigue de voir plein de gens mais de ne passer qu'en coup de vent dans leur vie.
Et puis miracle... des vacances décalées, impensable (c'était), impensées, plus tôt que prévu. Et le souffle qui revient. Une escapade dans le nord, un peu de Bruxelles, un peu de Lille. Et puis ne rien faire que s'abrutir d'autres choses que sa propre vie. Et enfin stop, avoir de nouveau envie de revenir à la réalité. Cuisiner, patienter, découper (des légumes et du papier), chercher, coller, théer (boire du thé, encore et encore, et du café aussi), écouter des émissions à la radio, assembler, se laisser vivre et tout en choisissant se qu'on a envie de vivre, sentir, regarder par la fenêtre et aimer l'odeur du Paris gris, changer la place des lumières et trouver que, justement, ça change tout.
De la rondeur.





En ce moment, des pois, du joli papier cadeau que j'ai trouvé chez le pressier du coin de la rue, gentil, gentil aussi gentil que celui du Jura. Je fais aussi des fournées de muffins avec les nouveaux moules que j'ai acheté cet été. Ils sont très pratiques (peut-être juste pas assez gros). J'ai tenté la recette de Mlle Lobster en remplaçant la banane par de la poire, mais c'était pas une grande réussite, on ne sentait pas le fruit. J'ai trouvé une recette dans le petit bouquin très sympa Les petits gâteaux gourmands des paresseuses de Rosa Jackson (au passage je suis une fan inconditionnelle des paresseuses. J'ai nommé les muffins au Toblerone ! Donc là non plus la réussite n'est pas totale, le problème majeur étant mes difficultés de conversions je crois. Bref c'était trop bourratif (à mon goût), mes copines et mon amoureux n'ont rien osé dire, et oui déjà c'est cool d'avoir des muffins faits maison ! Et puis bonjour pour rapper le Toblerone !
Laisser l'été derrière....







Quelques dernières vignettes de l'été, sous le signe du soleil, il y en a eu, quand même. La fin de l'été a été plus douce qu'au commencement, et je n'avais envie que de ça, de la douceur, comme la caresse du soleil à 20h du soir, comme les mûres dans le crumble, comme un repas enfin tous, comme le regard d'une maman sur ses enfants là, réunis, comme les derniers moments partagés avec les personnes qui ont fait mon été, qui font ma vie, mais que je dois quitter un peu...
Un Marius, des Marius... des fanions.






Beaucoup d'absence ici, et beaucoup de choses dans la vraie vie que j'aimerais partager.
Je commence par les fanions en tissu... ça y est, hourra, je me suis mise grâce à ma maman, qui a eu la patience de m'apprendre et la confiance de me laisser sa machine à coudre. J'en menais pas large quand je posais le pied sur la pédale. Alors le résultat n'est vraiment pas parfait, mais il est là, je suis fière de moi, le premier, vert a été offert à ma Mienne, très émue et c'est ça qui fait que... Comme j'étais lancée pour ce premier là, deux jours après j'ai continué... pour un plus petit Marius né cet été. I dit it !! Et j'espère le refaire. D'ailleurs c'est un peu addictif la couture non ?
Cette si grande maison










Après des mini jours de beau, des jours longs de pluies sont revenus... C'est la nostalgie à ras bord. J'écoute Mano Solo à fond, ça me donne encore plus envie de pleurer. Mon mémoire n'a toujours pas avancé. Quelques jours qui arrivent où je vais être toute seule dans la grande maison du Jura. Peut-être que je pourrais écrire. J'ai envie de faire des guirlandes de fanions, en tissus, en masking tape, envie de savoir manier la machine à coudre et de faire pleins de petits cadeaux avec. Je regarde en arrière et je me dis que c'était toujours mieux avant. Il faudrait que j'arrive à apprécier le présent. Mais là je regarde cette maison, les coins et les recoins, elle est si belle cette maison, entourée de ce si beau Jura, je n'en demordrai pas, c'est sûr. Je me souviens de nous 5, enfants, petits et grandissants, on a passé tellement de bons temps ensemble dans cette grande maison et ses 2 jardins... Aujourd'hui je suis toute seule, les uns en vacances, Maman Violette qui recommence un nouveau travail, et moi ici, qui regarde une nouvelle fois les murs en me disant que je n'ai pas peur. Je voudrais juste bien dormir cette nuit. Je n'ai jamais aussi mal dormi que cet été. Je rêve que cette maison soit à nouveau remplie de petits, très petits, moyens, grands et vraiment grands. C'est comme ça qu'elle doit vivre cette maison. J'ai peur d'un avenir triste. Un avenir qui sera pas vraiment ça. Mais j'aime être seule ici, dans cette grande maison. Je me dis que j'arriverai à écrire. Je me ferai des montagnes de thés.De temps en temps je ferai une pause et traverserai la maison, lentemain, toucherai du bout des doigts les souvenirs communs, les souvenirs chagrins. Je sortirai un peu dehors. M'assierai sur les marches de l'escalier qui mène au jardin, essaierai d'apercevoir la vallée, mais avec la flore qui l'envahit de plus en plus, ça va être difficile... Aujourd'hui, j'ai marché dans ce jardin, cherchant les gouttes d'eau de pluie. Je me suis encore dis que c'est tellement majestueux, cette maison, ce jardin. J'ai trouvé une table vieillissant avec des feuilles déjà jaunes, un barbecue délaissé, un chat avec un regard de chat, de l'herbe mouillée, une corde à linge mouillée, de la vallée, un coin de jardin baricadé avec les vaches derrière...
Don't Give Up !








Comme si je n'avais déjà pas assez de mal à être régulière, j'avais déjà écrit la moitié d'un article quand l'ordinateur a planté. J'étais à deux doigts de dire et zut ! Ce sera pour une autre fois. Mais j'écoutais juste à ce moment là : Don't give up, des Noisettes. So, I don't give up.
J'avais commencé à écrire un article sur les désirs des projections, sur la désillusion, le désappontement, la déception bref, tout le packaging offert ensemble, puis il devait se terminer, si oui mais, il y a de l'espoir.
Oui donc mon été n'a pas commencé comme je voulais, si j'avais fait une liste des choses que je voulais réaliser cet été, au début de cette semaine je n'aurais rien coché de réalisations. Mais nous sommes à la fin de la semaine et même quand on est en vacances, les fins de semaines sont malgré tout aussi pleines d'éclaircissement. Et donc avec le soleil que je vois apparaître sur les feuilles des arbres juste devant ma fenêtre, je reconnais. Je reconnais que oui je n'ai pas écrit un mot de mon mémoire, mais quand même j'ai lu (bon pas un mot qui parle de jeunes enfants et alors ?). Oui je ne lave jamais mes cheveux avec le même shampooing, mais tout le monde s'accorde à dire que mes cheveux sont beaux, même moi, c'est dire, ils sont longs, je les veux encore plus longs comme quand j'avais 14 ans... Oui je n'ai pas de maison, ou alors j'en ai 4, je trimballe sacs sur sacs et linge sale sur linge propre, mais c'est pas quand je serai vieille que je pourrai faire ce genre de choses, je me dirai même peut-être que c'était le bon vieux temps. J'ai la nostalgie de certains étés passés et de sourires et rires qui ne seront plus jamais miens, mais ce sont des nouveaux qui les remplacent, des très jeunes et des très vieux. Je voulais des sabots suédois, je les ais eus, des très beaux, très confortables, des qui me font très grande et des très soldés. Je vais commencer un nouvel article pour l'EJE Journal sur le thème de la nuit. Je ne finirais certainement jamais ma série de photos sur Prague. Un autre Marius est né cette semaine. Pour que l'été soit là, je me mets à longueur de journée du monoï en huile sèche sur les bras. ça marche.
J'aurais bien envie d'un endroit sans internet, sans télé, presque sans téléphone et sans voiture, sans personne, pour commencer mon mémoire, parce que ça par contre, je ne lâche pas...
