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Quand la vie vous anéantit de cette manière, le temps n'est plus. On vit toujours très vite, dans la vie. On se dit après : que le temps passe vite. Et quand la mort arrive, je vous jure, le temps s'arrête. Le temps est long. Les nuits ne passent pas. Les questions sont les mêmes, toujours, encore, plus écorchantes, plus torturantes. Le manque s'installe, durement. Et puis. Il y a toujours un "et puis" chez moi. Au lieu du "oui mais".  Alors, et puis. La pulsion de vie. La pulsion de vie, ce sont les autres. Prennez moi la main, s'il vous plait. Enveloppez mon coeur. Dites moi ça ira tu verras. Dites moi la vérité. J'ai emmagaziné une récolte des autres, tellement rassurante, tellement bienveillante, qu'aujourd'hui, je n'ai plus la pulsion, j'ai la vie. Moi qui aimais être seule, parfois, pour regarder le temps défiler. Ne plus pouvoir. L'angoisse de la mort toute seule et rien d'autre. Après avoir passé des semaines, des jours, des heures à me dire, je veux être heureuse, mais je ne le serais jamais plus. Aujourd'hui je suis comme un enfant qui a eu très mal en tombant, très peur, et qui s'en souviendra, mais qui heureusement, est arrivé à passer à autre chose. Je ne sais pas si je suis bien normale. Car je ne suis pas une enfant. Et puis, je me tourne vers les autres, je vous regarde, je les regarde, et je me dis : dieu merci, ils sont plein de vie. Et enfin, se retrouver dans la chambrette sur les toits de Paris, écouter Mano Solo en boucle, faire brûler du papier d'arménie-hormonie et boire du café, et adorer l'odeur des deux qui se mélangent. Dieu merci, je suis pleine de vie.

 

M. peinturluré, ou quand TataCa fait son éducatrice/Ballon rouge dans le ciel/Addiction au Boggle/Trois gars jouant au ballon rouge/Pancakes du matin/Petit déjeuner ensoleillé/Cuillères gourmandes aux graines de pavot/Des livres pansements/Encore des livres pansements/Lessive pleine de pois de Maman/